Metropolitan (1990) Réalisateur: Whit Stillman

Whit Stillman est un cinéaste un brin énigmatique et méconnu, qui a réalisé trois films en huit ans pour ne plus concrétiser aucun autre projet par la suite. Cependant, deux de ses films, « The Last Days of Disco » et « Metropolitan » font maintenant partie du club sélect de la Collection Criterion. Ce qui est propre au cinéma de Whit Stillman est son ton : des comédies aux dialogues brillants, entre ironie, douceur et nostalgie. « Metropolitan », son premier film, offre un bon exemple de son style nuancé.
Le film se déroule durant les vacances d’hiver, alors que la jeunesse dorée de New York se retrouve en congé et revient à la maison, délaissant les campus des universités prestigieuses (Harvard, Yale, Princeton, etc.). Durant cette période se déroule la saison des « débutantes », c’est-à-dire une série de bals en tenue formelle, mais surtout, une série de fins de soirées passées dans de vastes appartements à discuter politique, philosophie et sexe.
L’histoire est celle de Tom Townsend, un étudiant de classe moyenne qui, par hasard, fait la connaissance du Sally Fowler Rat Pack, un groupe de New-Yorkais issus de la UHB, la Urban Haute Bourgoisie. Ses opinions de gauche et ses discutions à propos du philosophe politique français Charles Fourier le rendent intrigant aux yeux des filles et, par la force des choses, il devient rapidement l’un des membres de ce groupe de jeunes privilégiés new-yorkais.

Alors que la majeure partie de l’action du film se déroule du haut des grands appartements new-yorkais, isolés des bruits de la ville, « Metropolitan » est avant tout un film où les dialogues occupent une place de choix.

J’oserais dire que le cinéma de Whit Stillman a quelque chose d’analogue à celui de Sofia Coppola, de par son désir de nous dévoiler un monde privilégié de l’intérieur, avec autant d’ironie que d’affection. Cependant, tandis que Sofia Coppola préfère souvent économiser les mots pour faire davantage parler l’image, Whit Stillman n’hésite pas à faire converser ses personnages. Il est excellent pour concevoir des dialogues qui révèlent peu à peu, de façon très organique, les personnalités des différents personnages qui envahissent nuit après nuit le salon de Sally Fowler. Entre autres, on apprend à connaître Tom, l’étudiant qui n’est pas tout à fait à sa place, mais qui séduit les filles grâce à son côté intellectuel et mystérieux. Il y a aussi Nick, l’égoïste imbu de lui-même, mais tout de même flamboyant et attachant. Et finalement, Charles, qui est certainement l’un des plus drôles avec ses airs sérieux et ses réflexions simili profondes sur la vie.
La vision du cinéaste peut sans doute se résumer à une vision drôle et très personnelle d’un milieu nanti, qui a influencé par la suite d’autres cinéastes ayant développé un style ou des thèmes semblables, comme Noah Baumbach et Wes Anderson. « Metropolitan » de Whit Stillman a l’humour, la chaleur et la pointe de moquerie nécessaires pour faire de ce film un classique oublié.






















